Le manque de méthodologie scientifique en psychiatrie
Par
Dr Julian Whittaker
Dr Tony P. Urbanek
Dr Mary Jo Pagel
Dr Rohit Adi
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INTRODUCTION – Le manque de méthodologie scientifique en psychiatrie
Que devons-nous penser de tous ces rapports qui affirment avec certitude qu’il existe dans notre société une véritable épidémie de maladie mentale et qu’une personne sur quatre dans le monde sera touchée un jour ou l’autre par ce phénomène ? Ceux qui propagent ces informations alarmistes – en fait le milieu psychiatrique – affirment que la maladie mentale est sur le point de tous nous contaminer et que seule une augmentation immédiate et massive des crédits pour la psychiatrie permettra d’enrayer ce fléau.
La psychiatrie nous met constamment en garde contre les conséquences désastreuses qu’entraînerait l’insuffisance de crédits. Mais, ce que les psychiatres ne nous disent pas, c’est que pour établir leurs statistiques, ils recourent au Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) et à son équivalent, la section sur les troubles mentaux de la Classification internationale des maladies (CIM-10). Or, ces ouvrages font tous deux l’objet de très vives critiques qui mettent en avant leur manque de crédibilité et de valeur scientifique ainsi que leur tendance à ne proposer comme traitement presque exclusivement que des médicaments psychotropes.
Les professeurs Herb Kutchins (Université d’État de Californie à Sacramento) et Stuart A. Kirk (Université de New York), ont publié plusieurs livres décrivant les failles du DSM et nous mettent en garde : « De nombreuses illusions existent en effet au sujet du DSM et ses concepteurs ont grand besoin de croire que leurs rêves d’excellence et d’utilité scientifiques sont devenus réalité… » Le sujet devient particulièrement grave quand on considère que le DSM « a tenté sans succès de médicaliser trop de problèmes humains. »
Le professeur Edward Shorter, auteur d’Une histoire de la psychiatrie déclare : « Plutôt que de suivre les progrès de la science, la psychiatrie, inspirée par le DSM-IV semble, sous plusieurs aspects, se perdre dans le désert. » Le rapport que vous tenez entre les mains ainsi que ses recommandations s’adressent aux personnes en charge de l’attribution des crédits et à même de décider de l’avenir des programmes de santé mentale et de leur couverture sociale. Autrement dit, aux législateurs et autres décideurs chargés de protéger la santé, le bien-être et la sécurité de leurs concitoyens.
Le DSM contient une liste toujours plus longue de maladies et pour chacune d’entre elles, il est possible de prescrire en toute légalité un médicament psychiatrique. La confiance aveugle que certains psychiatres accordent au DSM explique en bonne partie les statistiques effrayantes qui suivent :
- Dans le monde, un diagnostic de trouble mental a été établi pour 17 millions d’écoliers. Le traitement comprend très souvent la prescription de stimulants du type cocaïne ou de puissants antidépresseurs.
- La consommation et les abus de médicaments psychiatriques augmentent partout : pendant l’année 2002, il y a eu plus de 100 millions de prescriptions d’antidépresseurs, pour un montant global de 19,5 milliards de dollars.
- En France, une ordonnance sur 7 concerne la prescription d’un médicament psychotrope et plus de 50 % des chômeurs (1,8 millions de personnes) prennent des médicaments psychotropes. Parallèlement, le budget international de la santé mentale a explosé au cours des 10 dernières années.
- Aux États-Unis, ce budget est passé de 33 milliards de dollars en 1994 à plus de 80 milliards de dollars en 1999.
En Suisse, on estime que certaines dépenses pour la santé mentale s’élevaient à 100 millions de francs suisses en 1988. En 1997, elles dépassaient les 246 millions de francs suisses. L’Allemagne dépense actuellement plus de 2,5 milliards d’euros par an pour la « santé mentale ». En France aussi, les coûts ont explosé. Les dépenses en santé mentale ont ainsi contribué à hauteur de 361 millions d’euros, au déficit de la sécurité sociale en 1996.
Malgré ces dépenses record – en fait, à cause de ces dépenses – la plupart des pays dans le monde entier font face à une vague sans précédent de mauvais traitements à l’égard des enfants, de divorces, de suicides, de toxicomanie, de cas de violence, de crimes et d’autres maux sociaux. Mais les milieux psychiatriques ne peuvent ni cerner les causes ni proposer de solutions à ces problèmes.
Il est donc logique de conclure qu’une réduction des crédits alloués aux programmes psychiatriques ne causera aucun tort à la santé mentale, bien au contraire. On peut même dire que cette réduction conduira, à coup sûr, à une amélioration de la situation de la santé mentale.
Les preuves exposées dans cette brochure nous ont été fournies par des médecins, des avocats, des juges, des psychiatres, des parents et d’autres professionnels de la santé mentale ou de domaines apparentés. Ces experts partagent un avis commun : les initiatives psychiatriques inspirées par le DSM – comme le renforcement des lois sur l’internement sous contrainte et le développement de plans de pseudo-santé mentale communautaire – nuisent à la société, tant sur le plan humain que sur le plan économique. Il en est de même des programmes de dépistage des troubles mentaux des jeunes enfants dans les écoles.
L’affirmation selon laquelle seule une augmentation des crédits pourrait résoudre les problèmes de la psychiatrie est plus que douteuse. De façon générale, les professions scientifiques doivent fournir des preuves réelles pour soutenir leurs théories. C’est à cette condition que sont débloqués les crédits en faveur de la lutte contre les infections dangereuses. L’effort fourni par tous permet alors de découvrir la cause biologique de la maladie et de développer un traitement. Les
professionnels s’appuient sur des analyses biologiques pour déterminer la présence ou l’absence de maladies physiques.
La psychiatrie, elle, est un cas à part. Elle ne dispose d’aucun examen ni test objectif et physiologique permettant de confirmer ou d’infirmer la présence d’une quelconque maladie mentale. Aux personnes qui éprouvent de sérieuses difficultés mentales, elle ne propose qu’un diagnostic purement subjectif.
Nos sociétés actuelles doivent relever de nombreux défis. Afin d’aider les individus, des alternatives efficaces et humaines doivent prendre le pas sur les méthodes psychiatriques néfastes. De telles alternatives existent et vous pourrez les découvrir dans les pages qui suivent. Il vous appartient d’évaluer par vous-même les solutions contenues dans cette publication. Nous soumettons à votre réflexion les informations de ce rapport. À vous de tirer vos propres conclusions au sujet de l’état actuel de la santé mentale. À vous, également, de juger si la psychiatrie est susceptible ou non de contribuer à son amélioration.
Dr Rohit Adi
Dr Mary Jo Pagel
Dr Anthony P. Urbanek
Dr Julian Whitaker
Vidéos et Articles supplémentaires
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