Psychiatres à vendre: l’Alliance corrompue de l’industrie psychiatrique-pharmaceutique

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Article: L’imposture de la psychiatrie, la subversion de la médecine

En Mars 2009, l’American Psychiatric Association a annoncé qu’elle allait supprimer le financement pharmaceutique des séminaires de formation médicale continue et des repas lors de ses conventions. Toutefois, la décision ne fut prise qu’après des années de révélations controversées sur ses conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique et que le Comité sénatorial des finances des États-Unis demande en juillet 2008 que l’APA lui fournisse les comptes pour l’ensemble de son financement pharmaceutique. En dépit de son annonce, moins de deux mois plus tard, l’APA a accepté plus de 1,7 million de dollars de fonds provenant de compagnies pharmaceutiques pour sa conférence annuelle, tenue à San Francisco.

Ce n’est pas étonnant. En 2002, Anand Pandya  de l’APA a dit que sans les fonds de l’industrie pharmaceutique, les cotisations de membre pourraient s’accroître de 455%, passant de de 540 $ par année à 3000 $. Pandya est le président de l’Alliance nationale pour la maladie mentale (NAMI), qui en 2009 a également dû fournir ses dossiers de financement par les entreprises pharmaceutiques à des enquêteurs fédéraux. Environ 56% de ses revenus $ 12 millions par année provient de fabricants de médicaments (voir plus bas).

Moins d’un mois de l’annonce de l’APA, ses conflits ont de nouveau été critiqués avec la publication d’une étude qui a révélé que 18 des 20 membres du comité chargé de superviser la révision des lignes directrices cliniques pour le traitement de seulement trois « troubles mentaux » avaient des liens financiers avec les compagnies pharmaceutiques. Les diagnostics de ces trois « troubles » génèrent 25 milliards de dollars par an en ventes de produits pharmaceutiques.

Les psychiatres sont en tête de liste des cadeaux offerts par les fabricants de médicaments

En Juin 2007, le New York Times a rapporté que les psychiatres du Vermont et du Minnesota arrivaient en tête de la liste des médecins qui recevaient des cadeaux des compagnies pharmaceutiques et que cette relation financière correspondait à «l’utilisation croissante des médicaments atypiques [nouveaux antipsychotiques] chez les enfants ». De 2000 à 2005, les paiements des fabricants de médicaments à des psychiatres du Minnesota ont augmenté de plus de six fois pour atteindre 1,6 millions de dollars. Pendant ces mêmes années, les prescriptions d’antipsychotiques pour les enfants en vertu du programme d’assurance de l’État ont augmenté de plus de neuf fois.

Les conflits d’intérêt sous enquête du Congrès

Considérant que les États-Unis prescrivent des antipsychotiques pour les enfants et les adolescents à un taux six fois plus grand que le Royaume-Uni, et avec 30 millions d’Américains ayant pris des antidépresseurs pour un « déséquilibre chimique » que les psychiatres admettent n’être qu’une campagne de marketing pharmaceutique, pas un fait scientifique, il n’est pas étonnant que le conflit d’intérêt entre la psychiatrie et Big Pharma [les compagnies pharmaceutiques] soit sous enquête du Congrès. Ce qui suit est un résumé sur certaines des personnes qui sont sous enquête parle Comité des finances du sénat:

Joseph BiedermanJoseph Biederman: Chef du Programme de psychopharmacologie pédiatrique, au Massachusetts General Hospital, Biederman a reçu des fonds de recherche de 15 compagnies pharmaceutiques. Le New York Times a révélé comment Biederman avait gagné 1,6 million de dollars en honoraires de consultation payés par des fabricants de médicaments entre 2000 et 2007, mais n’avait pas rapporté la totalité de ce revenu aux responsables de l’Université Harvard. Son marketing de la théorie que les enfants ont le trouble  « bipolaire » est considéré comme directement responsable de l’augmentation des ventes de médicaments antipsychotiques à usage pédiatrique aux Etats-Unis, prescrits aujourd’hui 2,5 millions d’enfants. Après la révélation de ses conflits, il a démissionné d’un certain nombre d’essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique. En Mars 2009, dans des documents judiciaires venant d’être rendus publics, il a été rapporté que Biederman avait promis à l’avance au fabricant de médicament Johnson & Johnson que ses études sur le médicament antipsychotique Risperidone prouverait que le médicament serait efficace lorsqu’il est utilisé sur les enfants d’âge préscolaire.

Melissa DelBello: psychiatre de recherche, Université de Cincinnati. Elle a comparu pour avoir omis de divulguer à l’université la majeure partie de ses revenus provenant des sociétés pharmaceutiques. En 2002, elle a été l’auteur principal d’une étude qui rapporta que certains patients avaient bénéficié de l’antipsychotique Seroquel, qui est fabriqué par AstraZeneca, qui lui a versé $ 100,000 en 2003 et 80,000 dollars en 2004. Elle avait révélé qu’elle avait reçu 100,000 $ de la compagnie entre 2005 et 2007, mais les enquêteurs fédéraux ont découvert que c’était plus du double — $ 238,000.

Frederick Goodwin: ancien directeur de l’Institut national de la santé mentale (NIMH), Goodwin a obtenu au moins $ 1,3 million entre 2000 et 2007 pour donner des conférences aux médecins. En fait, à  l’insu de tous il était payé par des fabricants de médicaments pour donner ces conférences et pour animer pendant 10 ans un show de radio intitulé « Le mental infini »  sur le réseau du National Public Radio (NPR).  Par la suite, NPR retira l’émission de sa grille horaire. Lorsqu’elle apprit cela, Lichtenstein Creative Media publia une déclaration comme quoi ce revenu était une violation du contrat entre l’entreprise et Goodwin.

Charles Nemeroff: Professeur et Président de Psychiatrie et sciences du comportement (Psychiatry and Behavioral Sciences), école de médecine de l’Université Emory à Atlanta. De 2000 à 2006, Nemeroff a reçu un peu plus de $ 960,000 de GlaxoSmithKline (GSK), mais n’a pas divulgué plus de $ 35,000 à Emory. Entre 2000 et 2007, il a gagné plus de 2,8 millions de dollars provenant de divers fabricants de médicaments, mais a omis de déclarer au moins 1,2 M $. En 2004, il a signé une lettre aux administrateurs d’Emory promettant qu’il gagnerait moins de $ 10,000 par an venant de GSK, mais le même jour il était dans un hôtel occupé à gagner 3000 $ qui allait se transformer en 170,000 dollars de revenus provenant de GSK – une somme 17 fois plus élevé que le chiffre qu’il avait convenu. Il était le chercheur principal pour une recherche d’une durée de cinq ans subventionnée au montant de 3.9 milliards par le NIMH, pour laquelle GSK a fourni les médicaments. Durant cette période il reçu plus que le seuil annuel de 10,000 permis à l’entreprise. En 2006, il a démissionné en tant que rédacteur de Neuropsychopharmacologie après qau’il ait publié un examen favorable d’un appareil de stimulation du nerf vague (VNS), fabriqué par Cyberonics, pour lequel il avait été consultant rémunéré. En 2003, il a co-écrit un examen favorable de trois thérapies dans Nature Neuroscience omettant de mentionner ses intérêts financiers importants dans ces dernières, y compris être le propriétaire du brevet pour l’un des traitements, un patch de lithium. Nemeroff a agi comme consultant pour 21 compagnies pharmaceutiques et d’instruments simultanément. En 1991 Nemeroff a témoigné devant la FDA pour le compte de Eli Lilly aux audiences sur le Prozac, en disant que le médicament ne provoquait pas des actes ou des idées suicidaires – mais 13 ans plus tard, la FDA a conclu le contraire et a émis un avertissement « dans un encadré noir » (l’avertissement le plus sérieux émis par la FDA) sur les risques de suicide. Nemeroff a démissionné de son poste à Emory en 2008.

Martin Keller: professeur de psychiatrie et de comportement humain à l’Université Brown, président du département de psychiatrie à l’École Alpert Medical, l’essai clinique (#329) de Keller sur l’utilisation du Paxil de GSK chez les enfants et les adolescents et ses  auteurs ont été vivement critiqués dans les revues médicales pour avoir faussé les données, supprimant des informations lian t le médicament à des tendances suicidaires et parvenir à une conclusion non étayée par des données pertinentes. Des gens ont aussi affirmé qu’un employé affilié à GSK aurait écrit le rapport de l’étude clinique 329 en tant que « nègre » (nègre, en anglais ghostwriter: une personne payée pour écrire un texte qui sera signé par un autre), pendant que Keller et les autres encaissaient d’énormes sommes d’argent du fabricant de l’antidépresseur. En 1999, il a été révélé que bien que siégeant en tant que chef du département de psychiatrie à l’Université Brown, Keller avait gagné plus de $ 842,000 de Pfizer, Bristol-Myers Squibb, Wyeth-Ayerst et Eli Lilly, fabricants d’antidépresseurs dont il avait vanté les mérites dans une série de rapports de recherche médicale. Après une enquête criminelle de trois ans menée par le Bureau du procureur général, l’Université Brown a décidé de retourner à l’État du Massachusetts $ 300,170 de l’argent des contribuables pour des recherches psychiatriques que le département de psychiatrie de Keller n’avait jamais fait. En outre, Keller n’a pas révélé l’étendue de ses liens financiers avec des entreprises aux revues médicales qui ont publié ses travaux de recherche – 93.199 $ en 1998. La même année où Keller écrivit un article dans Psychiatrie biologique, où il concluait que les nouveaux antidépresseurs étaient plus efficaces, il reçu 77.400 $ de revenus personnels et 1,2 millions en financement de recherche par les fabricants de deux de ces médicaments. En avril 2009, Keller a annoncé qu’il se retirait de ses fonctions de président de la chaire de psychiatrie à Brown.

Augustus John Rush: Ancien Vice-Président du Département des sciences cliniques à l’Université du Texas Southwestern Medical Center, et qui travaille maintenant à l’école de médecine de l’Université Duke à Singapour. Il a été critiqué pour avoir divulgué seulement $ 3000 des $ 18,000 qu’Eli Lilly lui avait versé en 2001. Entre 2000 et 2007, il a négligé de déclarer un autre montant de $12,000 de diverses sociétés pharmaceutiques. Ses études de recherche listent des relations financières avec plus de 20 sociétés pharmaceutiques. En 2003-2005, il a reçu une subvention du NIH pour mener un programme de formation clinique qui traitait, entre autres, d’éthique médicale.

Alan Schatzberg a été nommé président de l’APA en mai 2009, malgré les révélations sur son conflit d’intérêts. Tel que révélé dans le New York Times et d’autres médias, Schatzberg possédait $6 millions en capitaux propres dans l’entreprise de développement de médicaments Corcept Therapeutics au moment même où il était chercheur principal dans une étude sur le médicament mifepristone de Corcept, étude financée par le NIH et menée à l’Université Stanford. Schatzberg était celui qui, en 1997, avait initié la demande de brevet sur la mifepristone pour «traiter la dépression psychotique». Il a co-fondé Corcept en 1998 et en 1999, a étendu la subvention du NIH pour que l’étude de la dépression psychotique inclue le mifepristone. En 2008, Schatzberg a démissionné de son poste de chercheur principal dans l’étude suite à des mois d’examen minutieux du Congrès au sujet de ses liens financiers avec l’industrie pharmaceutique.

Thomas Spencer: directeur adjoint de l’Unité de psychopharmacologie pédiatrique au Massachusetts General Hospital et professeur agrégé de psychiatrie à la Harvard Medical School, il est sous enquête du Sénat pour avoir omis de divulguer au moins $1 million de revenus personnels provenant de compagnies pharmaceutiques entre 2000 et 2007.

Karen Wagner: Professeur, University of Texas Medical Branch à Galveston aurait omis de divulguer plus de $150,000 de revenus provenant de GSK. Entre 2000 et 2008, Wagner avait travaillé sur des études financées par le NIH sur l’utilisation du Paxil pour traiter la dépression chez les adolescentes et elle a été co-chercheur sur l’étude 329 (Voir Keller). En 2001, lorsque l’étude 329 a été publiée, la compagnie l’aurait payé $18,255. Entre 1998 et 2001, elle a été l’une des nombreux chercheurs participant à plus d’une douzaine d’essais cliniques pédiatriques financés par l’industrie pharmaceutique sur des antidépresseurs et d’autres médicaments. Dans son étude sur le Zoloft, Wagner a dit qu’elle avait reçu du « soutien à la recherche » de plusieurs fabricants de médicaments, dont Pfizer, mais n’a pas révélé qu’elle avait reçu des « paiements non négligeables » de Pfizer pour des travaux liés à l’étude. Entre 2000 et 2005 GSK lui a versé $ 160,404, mais seulement 600 $ ont été divulgués à l’université. En 2002, Eli Lily lui a également versé plus de $11,000, ce qui n’a pas été divulgué.

Timothy Wilens: professeur agrégé de psychiatrie à la Harvard Medical School à Boston aurait omis de déclarer que, entre 2000 et 2007, il avait gagné au moins $1,6 million provenant de fabricants de médicaments. Les subventions fédérales reçues par le Dr. Joseph Biederman (ci-dessus) et Wilens étaient administrées par le Massachusetts General Hospital, qui en 2005 a obtenu $287 millions de telles subventions. Il est sous enquête du Congrès.

Alliance nationale pour les malades mentaux (NAMI): Le Comité sénatorial des finances a également demandé les états financiers de NAMI, un groupe longtemps accusé d’être un bras de marketing secret de l’industrie pharmaceutique. L’alliance pour la santé mentale, qui a une influence énorme dans de nombreux états, a refusé pendant des années de divulguer les détails de ses collectes de fonds, affirmant que ces détails étaient privés. Mais selon les enquêteurs du bureau du Sénateur Grassley et selon des documents obtenus par le New York Times, les fabricants de médicaments ont contribué tout près de 23 millions de dollars à la NAMI, de 2006 à 2008,environ les trois quarts des dons obtenus. »

Alors que l’Alliance nationale pour la maladie mentale (NAMI) prétend être une organisation de défense des personnes ayant une « maladie mentale », ses actions indiquent le contraire. Le groupe s’est opposé en 2004 aux avertissements placés dans un encadré noir (en anglais, « Black Box Warning »: l’avertissement d’effets secondaires le plus sérieux de la FDA et bien mis en évidence dans un encadré noir sur la notice accompagnant le médicament) sur les antidépresseurs qui peuvent provoquer le suicide chez les moins de 18 ans, et en 2006 aux avertissements d’encadré noir sur les médicaments pour le TDAH qui peuvent provoquer des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et la mort subite chez les enfants. Rien d’étonnant quand on regarde leur plus grande source de financement: Pharma .

Lire l’article du New York Times ici: http://www.nytimes.com/2009/10/22/health/22nami.html?_r=2

D’autres enquêtes …

William Weeks: Professeur de psychiatrie et de médecine communautaire et familiale à la Dartmouth Medical School. En mai 2009, le procureur américain Paul Van de Graff a inculpé le psychiatre de cinq délits fédéraux au sujet des conflits d’intérêts. Le Bureau du procureur des États-Unis a également déposé une plainte comprenant 11chefs d’accusation, y compris 6 chefs d’accusation de conflit d’intérêts, 4 chefs d’accusation de fausses déclarations et une accusation de « violation de l’obligation fiduciaire [financière]. » Weeks aurait été impliqué dans la fixation des prix de contrats en 2003.

Jeffrey Bostic, directeur de psychiatrie scolaire au Massachusetts General Hospital, a été identifié dans une plainte de 34 pages faite au tribunal de la US District Court de Boston comme étant un « porte-parole étoile » ayant aidé Forest Laboratories à promouvoir illégalement ses médicaments, le Celexa et le Lexapro, pour un usage pédiatrique en dépit du fait qu’aucun n’avait l’approbation de la FDA pour une telle utilisation. Des documents de la court datant de Mars 2009 ont révélé que la compagnie pharmaceutique avait payé des pots-de-vin à Bostic, y compris des repas somptueux et des paiements en espèces déguisés sous forme de dons et d’honoraires de consultation, dans le but d’inciter les médecins à prescrire les médicaments. Forest a également payé Bostic pour qu’il rencontre d’autres médecins dans leurs bureaux afin de diminuer leurs préoccupations quant à prescrire les médicaments. Le Boston Globe a révélé que: «… les allégations contre Forest font partie des répercussions politiques et juridiques contre d’éventuels conflits d’intérêt en médecine, en particulier en psychiatrie. »

D’autres informations sur les conflits APA-Pharma

L’APA trempe dans un conflit d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. Après tout, elle a fait au moins 40 millions de dollars seulement en ventes de son manuel de diagnostic, la bible de facturation que les psychiatres utilisent pour le remboursement d’assurance de leurs « traitements », le plus souvent des médicaments psychotropes. Voyez ceci:

Nada Stotland: Présidente de L’APA en 2008, Stotland siège au conseil de l’Association nationale de la santé mentale (maintenant appelée Santé Mentale Amérique), un groupe qui a reçu plus de $3 millions en financement provenant d’entreprises pharmaceutiques en une seule année. En 2008, Pfizer a fait don d’au moins $ 500,000 à Santé Mentale Amérique tandis que Eli Lilly donnait $600,000. Stotland fait partie du bureau des conférenciers pour Pfizer et GlaxoSmithKline (GSK).

David Kupfer: Un membre du Groupe de travail du DSM-IV et Président du Groupe de travail du DSM-V. Il a été consultant auprès de Eli Lilly, Johnson et Johnson, Solvay / Wyeth, Servier et a également siégé aux conseils consultatifs de Forest Labs et de Pfizer. En 2008, Kupfer a également révélé qu’il avait été consultant pour Forest Pharmaceuticals, Pfizer Inc, Hoffman La Roche, Novartis et Lundbeck.

Dilip V. Jeste: Administrateur de l’APA et membre du Groupe de travail du DSM-V, il est un consultant pour Bristol-Myers Squibb, Lilly, Janssen, Solvay / Wyeth et Otsuka; des honoraires de Bristol-Myers Squibb, Janssen et Otsuka; a reçu un « soutien complémentaire aux subventions financés par le NIMH » de la part de Astra Zeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, et Janssen, sous la forme de médicaments donnés pour l’étude clinique « Les effets métaboliques des nouveaux antipsychotiques chez les patients âgés. » Les divulgations de Jeste en 2008 en rapport avec le Groupe de travail du DSM-V montraient qu’il a reçu des honoraires d’Abbott, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly Janssen, Pfizer-Eisai, Solvay et Wyeth-Otsuka. Il a également reçu des paiements de consultation de neuf compagnies pharmaceutiques

Steven Sharfstein: Ancien président de l’APA qui a siégé au conseil d’administration de la Fondation américaine de psychiatrie (APF), une organisation formée par l’APA qui liste 17 grandes sociétés pharmaceutiques en tant que ses conseillers corporatifs. Depuis 1992, il a été président et chef de la direction de Sheppard Pratt Health System et en 2002, il a fait signer six compagnies pharmaceutiques pour que leurs produits soient testés à Sheppard Pratt. Il a signé des contrats avec Eli Lilly & Co., Merck et Janssen Research Foundation.

Comme cela a été écrit ailleurs dans ce site, Alan Schatzberg a été nommé président de l’APA en mai 2009, malgré la révélation de ses $6 millions de conflit d’intérêts avec le fabricant de médicaments Corcept Therapeutics au moment même où il était le chercheur principal dans étude une clinique financée par le NIH sur le médicament mifepristone de Corcept. Schatzberg a co-fondé Corcept en 1998 et en 1999, a étendu la subvention du NIH pour que l’étude de la dépression psychotique inclue le mifepristone. Le Dr. Schatzberg a co-écrit Textbook of Psychopharmacology avec le Dr Charles Nemeroff, qui est également sous enquête par le Comité sénatorial des finances pour ne pas avoir divulgué ses conflits d’intérêt.

Le DSM: le diagnostic comme source d’argent

Lors de la conférence de l’American Psychiatric Association en mai 2009, un psychiatre interviewé déclara que « …le DSM signifie ‘Diagnosis as a Source of Money’! » Comme c’est vrai. Les conflits d’intérêts financiers entre les psychiatres impliqués dans les Groupes de travail de la bible de facturation de la psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV et le DSM-V) sont minutieusement examinés de même que l’influence potentielle des compagnies pharmaceutiques sur quels « troubles » sont inclus dans le DSM. Cela est particulièrement nécessaire car ils contribuent aux $25 milliards annuels de vente d’antipsychotiques et d’antidépresseurs aux États-Unis seulement.

Une étude menée par le Dr Lisa Cosgrove, Ph.D., de l’Université du Massachusetts à Boston et du Dr. Harold Bursztjanin de la Harvard Medical School a montré qu’en dépit du fait que l’APA a institué une politique de divulgation des conflits d’intérêt pour le DSM-V (à paraître en 2012), seulement 8 des 27 membres du Groupe de travail spécial du DSM-V n’avaient pas de relation avec l’industrie. « Le fait que 70% des membres du groupe de travail ont rapporté des liens directs avec l’industrie, soit une augmentation de 14% par rapport au pourcentage des membres du groupe de travail du DSM-IV qui avaient des liens avec l’industrie, montre que les politiques de divulgation seules … ne sont pas suffisantes et que davantage de mesures de sécurité spécifiques sont nécessaires », a déclaré le Dr. Cosgrove. En outre, « les compagnies pharmaceutiques ont un intérêt direct dans la structure et le contenu du DSM, et dans la façon dont la symptomatologie est révisée. »

Une étude réalisée en 2006 par le Dr Cosgrove et Sheldon Krimsky, un professeur de l’Université Tufts, a déterminé que 56% des 170 psychiatres qui ont travaillé sur l’édition 1994 du DSM-IV avait au moins une relation monétaire avec un fabricant de médicaments. L’étude a également découvert que la totalité des « experts » sur les comités du DSM-IV qui supervisaient les soi-disant « troubles de l’humeur » (qui comprend la dépression) et les « troubles schizophréniques et psychotiques » avait des liens financiers non déclarés avec avec les compagnies pharmaceutiques. À l’époque, les ventes mondiales de médicaments pour « traiter » ces conditions étaient de plus de $34 milliards.

Le Dr Irwin Savodnik, un professeur adjoint de psychiatrie clinique à l’Université de Californie, Los Angeles, commenta à l’époque: « Le vocabulaire de la psychiatrie est maintenant défini à tous les niveaux par l’industrie pharmaceutique. »

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