Les groupes de façade de l’industrie psychiatrique

Au cours des 50 dernières années en particulier, l’industrie pharmaceutique et la pseudo-science qu’est la psychiatrie ont créé une machine de marketing et de PR quasi parfaite. En créant et finançant continuellement des soi-disant « groupes de soutien » aux patients ayant des troubles mentaux, cette industrie est parvenue à extirper des gouvernements et des compagnies d’assurance des milliers de milliards de dollars, pour son seul bénéfice. Ces groupes de façade sont maintenant sous la loupe d’investigateurs gouvernementaux aux USA et ailleurs dans le monde, et ce qui est découvert fait frémir.

Bien que les exemples donnés dans ce texte concernent les États-Unis, on retrouve des équivalents dans chaque pays du monde entier.

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Vidéo(s)

DVD Psychiatrie, le Marketing de la folie-PARTIE 4: UN COMMERCE MENSONGER: INQUIÉTER POUR VENDRE DES MALADIES

DVD Psychiatrie, le Marketing de la folie-PARTIE 6: ORGANISMES DE SURVEILLANCE: AUCUN CONTRÔLE

DVD Psychiatrie, le Marketing de la folie-PARTIE 8: PSYCHOTROPES ET MÉDIAS – UN MARIAGE D’INTÉRÊT

QUELQUES GROUPES DE FAÇADE AMÉRICAINS

American Foundation for Suicide Prevention (AFSP)
Anxiety Disorders Association of America (ADAA)
Attention Deficit Disorder Association (ADDA)
Center for the Advancement of Children’s Mental Health (CACMH)
Children and Adults with ADD (CHADD)
Depression and Bipolar Support Alliance (DBSA)
DBSA Advisory Board
Herbert Pardes: Creating The Front Group Pipe Line
Mental Health America (Formerly National Mental Health Association)
National Alliance on Mental Illness (NAMI)
National Association for Research on Schizophrenia And Depression (NARSAD)
Australian Psychiatrist Patrick McGorry’s Brave New World of Pre-Drugging Kids
Screening for Mental Health, Inc
Signs of Suicide (SOS)
Suicide Prevention Action Network USA (SPAN)
TeenScreen National Center for Mental Health Checkups
TMAP: The Psycho-Pharma Front Business
The Jed Foundation

CRÉER LA MACHINE PARFAITE DE MARKETING / LOBBYING :
LES GROUPES DE DÉFENSE POUR LA SANTÉ MENTALE FINANCÉS PAR LES LABORATOIRES PHARMACEUTIQUES

Le public n’est habituellement pas familier avec ces prétendues organisations de sensibilisation ou de défense en santé mentale, telles que l’Alliance nationale pour la maladie mentale (NAMI), Enfants et adultes avec déficit de l’attention et hyperactivité (CHADD) ou la myriade de « groupes de soutien » pour le bipolaire, la dépression ou le TDAH qui inondent l’Internet.

Mais il doit l’être.

Ce sont des groupes qui opèrent sous le couvert de  » défenseurs des malades mentaux » mais qui, en réalité, sont des groupes de façade pharmaceutiques fortement financés, qui font du lobbying et qui travaillent pour faire passer des lois au niveau des états ou du pays entier qui influenceront la nation toute entière. Ces groupes de façade pharmaceutiques se retrouvent partout:  de nos personnes âgées dans les maisons de soins infirmiers à nos militaires, les femmes enceintes, mères allaitantes et les enfants d’âge scolaire. Se présenter comme des groupes de défense des patients est très hypocrite, non seulement envers leurs membres, dont bon nombre peuvent avoir un désir sincère d’aider un être cher ou un membre de la famille souffrant de troubles mentaux, mais envers les législateurs, la presse et l’opinion publique américaine. En effet, ces groupes font constamment pression en faveur d’une législation qui bénéficiera aux industries de la santé mentale et des pharmaceutiques, lesquelles les financent, et non pas en faveur des patients qu’ils prétendent représenter.

Il est certain que toute organisation se déclarant en faveur des droits des patients diagnostiqués malades mentaux devrait avoir comme objectif premier le plein consentement éclairé dans le domaine de la santé mentale – y compris la divulgation pleine et entière de tous les risques des médicaments, le droit de refuser un traitement, le droit de savoir que les diagnostics psychiatriques ne sont pas des conditions médicales (évident du fait qu’il n’existe pas un seul test médical/scientifique confirmatif). Par-dessus tout, de tels groupes offriraient aux patients une abondance d’informations sur les solutions médicales et les options non-préjudiciables et non médicamenteuses, compte tenu des risques dangereux des médicaments psychiatriques qui sont bien documentés par les organismes de réglementation internationaux sur les médicaments.

Mais ces groupes ne font pas cela!

Un véritable groupe de défense des droits de patients pour les malades mentaux n’endosserait jamais quelque chose d’aussi absurde et de manifestement dangereux que de donner des électrochocs aux femmes enceintes, ni fermer les yeux sur les écoles qui requièrent que des enfants prennent un médicament psychiatrique comme condition pour fréquenter l’école. En outre, ils ne s’opposeraient jamais à ce que la FDA [équivalent de Santé-Canada aux États-Unis] fasse vraiment son travail en émettant enfin, après un long retard, des avertissements comme quoi les antidépresseurs peuvent amener les enfants à se suicider, ou d’autres avertissements indiquant que les médicaments pour le TDAH ont de graves effets secondaires et voir même mortels. Pourtant, ce ne sont que quelques-unes des actions tolérées et encouragées par les soi-disant groupes de droits des patients.

Prenons un autre exemple, le projet de loi fédéral appelé la Loi sur les mères [The Mother's Act, aux États-Unis]. Une version précédente de ce projet de loi faisait appel à une méthode de « dépistage » des femmes enceintes et des nouvelles mamans appelée EPDS, une méthode de dépistage qui selon des documents triplait faussement le nombre de femmes diagnostiquées comme ayant une dépression post-partum, selon une étude publiée dans Obstecrics & Gynecology. Alors que le Journal Scandinave de la Santé Publique a déclaré que le dépistage de type EPDS était contraire à l’éthique et ne devait pas être utilisé, aucun des groupes de soi-disant défense des malades mentaux n’a eu la moindre objection à ce projet de loi, ou à endosser un tel outil de dépistage contraire à l’éthique. Ils l’ont supporté. Le projet de loi aurait été adopté sans objection si ce n’avait été de véritables groupes de défense des droits n’ayant pas de conflits d’intérêt (liens avec les pharmaceutiques) qui se sont opposés au langage utilisé dans ce projet de loi qui aurait permis que des femmes soient faussement diagnostiquées et « traitées » au moyen de drogues psychiatriques dangereuses, leur faisant causer inutilement un risque important ainsi qu’à leur enfant.

Disons-le simplement, ces groupes ne sont pas ce qu’ils semblent être. Pourtant, leur influence sur la législation, le lobbying, la réglementation des médicaments (ou son absence), et les campagnes de relations publiques est importante et affecte la nation toute entière. Ils prétendent être la voix des « malades mentaux », mais en réalité le sont-ils vraiment? Ou sont-ils le résultat d’une campagne de marketing/lobbying brillante conçue pour le bénéfice de l’industrie psycho/pharmaceutique qui les finance?

COMMENT TOUT CELA A COMMENCÉ

À partir de la fin des années 1970 et dans les années 1980, des psychiatres, des directeurs et des chercheurs de l’Association Psychiatrique Américaine (APA) avaient besoin de davantage de fonds gouvernementaux et ils mirent au point un plan pour créer une « multiplication des organisations de défense/soutien des consommateurs » avec l’intention d’amener ces groupes à aider à faire du lobbying auprès du Congrès afin d’accroître le financement de la recherche psychiatrique. Plusieurs groupes émergèrent en premier durant cette période: L’Alliance nationale pour la maladie mentale (NAMI), l’Association américaine des troubles anxieux (ADAA), l’Association nationale de la dépression et de la manie (NDMDA, maintenant appelée l’Alliance pour le support de la dépression et du bipolaire, la DBSA) et l’Alliance nationale pour la recherche sur la schizophrénie et la dépression (NARSAD).

Dans une relation incestueuse, beaucoup de ces groupes ont été formés par les administrateurs ou les chercheurs mêmes du NIMH [Institut National de la Santé Mentale, aux États-Unis], l’organisation qui au départ avait besoin de groupes de support de santé mentale pour faire des demandes au Congrès afin que des fonds accrus soient débloqués. Tous avaient des membres de conseil d’administration ou de conseil consultatif qui avaient des liens financiers avec les labos pharmaceutiques et la majorité d’entre eux étaient grassement financés par les pharmaceutiques. C’était donc une stratégie brillante de marketing/lobbying : mettre en place des groupes de droits de patients pour exercer de la pression pour obtenir du financement pour la psychiatrie et les compagnies pharmaceutiques tout en prétendant être des « défenseurs » des malades mentaux.

Ceci explique peut-être pourquoi ces groupes qui se prétendent être des groupes de « droits » de patients sont si violemment opposés à ces réformes essentielles en santé mentale telles que:

  • Les avertissements sérieux sous forme d’encadrés noirs sur les boites de médicaments pour mettre en évidence la façon dont les antidépresseurs peuvent provoquer le suicide chez les enfants et les jeunes adultes.
  • Les avertissements au sujet des médicaments pour le TDAH à l’effet que ces psychostimulants donnés à des millions d’enfants devraient avoir des avertissements qu’ils peuvent provoquer des crises cardiaques et des AVC (Accident vasculaire cérébral)
  • Une loi fédérale interdisant le personnel de l’école de forcer les parents à donner à leurs enfants des drogues psychiatriques en tant que condition pour que l’enfant puisse bénéficier de son droit inhérent à l’éducation.
  • De meilleurs droits relativement au consentement éclairé

Au lieu de cela, ces groupes exercent un lobby frénétique sur le Congrès et les gouvernements d’état afin de canaliser encore plus de milliards de dollars provenant des contribuables dans des programmes de santé mentale pour le plus grand bénéfice de l’industrie psycho-phamaceutique qui les finance et au détriment des patients qu’ils disent représenter. Ils font cela tout en engrangeant des millions de dollars chaque année en provenance des labos pharmaceutiques. Parmi les points que ces groupes ont supporté on retrouve: droguer de force des patients, approuver et promouvoir des médicaments psychiatriques connus (documentés) pour être dangereux et mortels, imposer le dépistage mental de tous les enfants d’âge scolaire, encourager le traitement des femmes enceintes au moyen de psychotropes et d’électrochocs. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Ces groupes ont également fait tout leur possible pour supprimer et/ou minimiser n’importe quelle méthode alternative fonctionnelle non-médicamenteuse (ex.: Soteria House, un traitement éprouvé et fonctionnel non-médicamenteux pour les personnes diagnostiquées schizophrénique ou psychotique) qui menacerait l’empire psycho-pharmaceutique qui engrange des centaines de milliards de dollars à chaque année.

C’est pour cette raison, et aussi à cause de la nature fallacieuse de plusieurs de ces groupes, que nous exposons leurs conflits d’intérêts car un groupe de droits de patients devrait se consacrer aux patients, non aux intérêts particuliers de l’industrie psycho-pharmaceutique. Big Pharma (les compagnies pharmaceutiques) admet qu’il obtient plus de retour sur son investissement à financer de tels groupes de façade qu’il n’en obtient en marketing direct au consommateur.

Josh Weinstein, un véréran du marketing pharmaceutique, a écrit un article intitulé « Relations publiques: Pourquoi les groupes de défense battent le DTC (Direct-to-Customer: marketing direct au consommateur) » pour la revue professionnelle Pharmaceutical Executive. Il y déclarait que, « J’ai vu que l’outil le plus direct et le plus efficace pour créer un soutien à long terme pour [nom du médicament] a été et continue d’être un programme d’éducation publique bien conçu et basé sur les groupes de soutien… »

« Contrairement au DTC, la promotion basée sur les [groupes de] soutien apporte avec elle un cadre d’alliés … Ce facteur prend de l’importance au fur et à mesure que l’industrie pharmaceutique devient davantage une cible politique », a dit Weinstein. Dans une telle situation, on peut compter sur les groupes de défense pour parler au nom de [la compagnie ] » et « les médias les considéreront comme des sources plus objectives que les porte-parole de l’industrie. »

Le magazine de l’industrie pharmaceutique Pharmaceutical Executive a publié un rapport de l’expert en PR (Relations Publiques) Teri Cox intitulé « Forger des alliances, les partenaires de groupes de soutien. » Selon Cox, établir des partenariats avec des groupes de défense permet aux compagnies pharmaceutiques de « disperser les critiques de l’industrie en livrant des messages positifs sur la contribution des pharmaceutiques aux soins de santé aux législateurs,  médias, et autres intervenants clés. « Et ils contribuent à influencer les décisions des décideurs et des régulateurs.

Jeffrey Winton, vice-président des relations publiques mondiales de Pharmacia est encore plus clair sur le rôle de ces groupes. «Il est révolu le temps où les entreprises ne faisaient que remettre de gros chèques à des groupes, sans discussion par la suite, » dit Winton. « Maintenant, nous cherchons des occasions avec des groupes qui, non seulement les aident à atteindre leurs buts et objectifs, mais nous aident aussi à faire avancer notre entreprise. » [Emphase ajoutée]

Selon le Dr Peter Breggin, psychiatre et fondateur du Centre international pour l’étude de la psychiatrie et de la psychologie (ICSPP), les groupes de soutien [soutenus] par les compagnies psychiatriques/pharmaceutiques tiennent des réunions nationales qui rassemblent des partisans des médicaments qui s’adressent directement aux consommateurs. Ils publient également des bulletins d’information et d’autres informations que louangent les médicaments. Parfois, ils empêchent activement les points de vue qui sont critiques à l’endroit des médicaments, par exemple en décourageant les médias de diffuser des points de vue opposés. « 

Le cartel psychiatrique-pharma est en mesure de cacher sa publicité clandestine et utilise ces groupes pour améliorer sa mauvaise réputation.

Sharon Batt de l’Université Dalhousie à Halifax, au Canada, a étudié le comportement et le financement des groupes de défense après avoir elle-même travaillé durant des années dans ces groupes, où elle a remarqué une tendance générale. Les organisations qui acceptent des fonds pharmaceutiques, dit-elle, « ont tendance à réclamer une accélération de l’examen et de la disponibilité des médicaments, une plus grande couverture d’assurance, et elles ont tendance à voir la publicité directe aux consommateurs comme un avantage pour les patients. » D’autre part, les groupes qui maintiennent l’indépendance financière, dit-elle, « mettent l’accent sur la sécurité, devant la vitesse [à laquelle on met des médicaments sur le marché], et sont critiques par rapport à la publicité directe aux consommateurs. » [7]

Weinstein ajoute: « Travailler avec les groupes de défense est l’un des moyens les plus habiles pour élever la sensibilisation aux maladies et pour l’amélioration de l’image de l’industrie en tant que fournisseur de valeur nouvelle et tangible pour les patients. » [8]

Les organismes gouvernementaux tels que la NIMH (Institut National de la Santé Mentale – États-Unis), le NIDA (Institut National de l’Abus des Médicaments – États-Unis), la FDA (Agence de régulation des aliments et des médicaments – États-Unis; équivalent de Santé Canada) et la NIH (Institut National de la Santé – États-Unis) ne devraient pas permettre que leurs dirigeants ou chercheurs soient assis sur le conseil d’administration ou agissent comme conseillers pour n’importe lequel de ces groupes. Tous ces groupes peuvent et doivent divulguer leur financement pharmaceutique (de leur propre gré, et non pas en raison du fait qu’ils sont sous enquête du Sénat, comme c’est le cas pour beaucoup d’entre eux actuellement). Ils devraient également exiger la divulgation complète de tous les conflits d’intérêts de leurs membres du conseil et des comités consultatifs. Lorsque vous lirez chacune de leurs histoires que nous avons fournies, vous comprendrez pourquoi.

Et tandis que plusieurs de ces groupes sont présentement sous investigation par le Sénat [américain] au sujet de leurs énormes montants de financement pharmaceutique jamais divulgué auparavant, nous voulons fournir au grand public plus d’informations sur ces groupes de façade psycho/pharmaceutiques, y compris certains des principaux acteurs qui les ont formés, qui les conseillent ou qui  prennent place sur leurs conseils, ainsi que les liens vers chacun des groupes listés au haut de cette page.  Notez que ce n’est là qu’une liste partielle et elle sera mise à jour en y ajoutant de nombreux autres groupes similaires financés par les pharmaceutiques .

Nous tenons également à souligner qu’il existe des groupes qui ne sont pas financés par les compagnies pharmaceutiques, qui ont vraiment comme but les meilleurs intérêts du consommateur / patient et des parents. Vous pouvez trouver des liens vers ces groupes et organisations sur notre page des Alternatives.

[1] “NIMH celebrates Half-Century of Progress,” Psychiatric Times, Vol. XXXIII, No. 13, 4 July 1997, p. 31.

[2] Josh Weinstein, “Public Relations: Why Advocacy Beats DTC,” Pharmaceutical Executive, 1 Oct. 2009. http://pharmexec.findpharma.com/pharmexec/article/articleDetail.jsp?id=129300&pageID=1.

[3] Josh Weinstein, “Public Relations: Why Advocacy Beats DTC,” Pharmaceutical Executive, 1 Oct. 2009. http://pharmexec.findpharma.com/pharmexec/article/articleDetail.jsp?id=129300&pageID=1.

[4] Teri Cox, “Forging Alliances Advocacy Partners,” Pharmaceutical Executive, 1 Sept. 2002. http://pharmexec.findpharma.com/pharmexec/article/articleDetail.jsp?id=29974.

[5] Melody Petersen, Our Daily Meds (Sarah Crichton Books, New York, 2008), p. 57.

[6] http://dissidentvoice.org/June05/Pringle0607.htm “Evelyn J. Pringle, Portrait of Laurie Flynn, TeenScreen’s Top Pill Pusher,” www.dissidentvoice.org, 7 June 2005.

[7] http://www.lawyersandsettlements.com/articles/00436/ssri.html.

[8] Josh Weinstein, “Public Relations: Why Advocacy Beats DTC,” Pharmaceutical Executive, 1 Oct. 2009, http://pharmexec.findpharma.com/pharmexec/article/articleDetail.jsp?id=129300&pageID=1.

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